La mémoire de l'art absorbe les hommes, parce qu'il est des manques qu'aucun souvenir d'une seule vie ne peuvent contenter.
A remonter la pente, l'inconscient nous conduit à ces temps ou tous, nous étions complets dans la douceur d'avoir le droit d'être, et même de n'être, comme aucun autre n'était, ne fût.



La vie est une sangle, livrée dans un corps de rangement. L'esprit se ponce et doit se poncer encore, tout en conservant bosses et cratères, rond, mais jamais lisse, sous prétexte d'être ennuyeux dit elle. Drôles de sœurs, et drôle de frères ces ombres. Le bien et le mal, doivent faire match nul à domicile, parait, mais la 'partie' reste jusqu'ici sans fin. C'est un jeu dit. Une réponse à l'ennui, un course à la folie. On peut s'y rendre, c'est eux qui décident, on pourrait bien ne plus en revenir, il s'agit déjà de présumer de ses forces, celles ci justement, nous pousseront à y rester. Quitter le froid, entrer dans la tombe et dormir.


Ce n'est pas que j'aime les murs, mais il faut bien se protéger du vent. Ce petit garçon qui court sur la plage, les pieds dans l'eau, n'est ce pas lui l'empereur ? Et ce poisson dont on me dit qu'il vole parfois au loin, mais qu'on ne voit pas, à quoi me sert il sinon qu'à le raconter parfois. Dieu, est ce que tu crois en moi ? Je suis seul, seul, seule. Seule dans ma puissance, seule dans ma détresse, seule dans la lumière de ma vie, seul dans les ténèbres de toutes mes plaies. Déchirée d'amour, chiffonnée de haine, dispersée de questions, arrachée aux plaisirs paisibles et aux plaines. Je dévale le long de mes pensées dévastées. Je m'enferme. Mon esprit entre des blocs de béton, tel est mon arme, tel est mon tank, tel est mon refus de vous voir et de vous écouter. Peu m'importe vos appétits,
je suis observée, je n'ose plus bouger. Combien de temps pour vous dire. Combien de chants pour vous faire comprendre. Hystéries, obsessions, me séparent à jamais de la liberté. Mon inconscient se nourrit du réel, et c'est vos existences qu'il ronge de jour en jour, tandis que je lutte de toutes mes nuits pour vous maintenir en vie. Vos réponses ne me sont pas plus utiles que vos différences. Vos mensonges se nourrissent dans des vérités si communes, j'en pleure.





Il n'est qu'une âme, celle du monde, et vous en êtes les particules.


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Je vivais dans le sens des aiguilles d'une montre, chacun de mes mouvements épousant ceux de la durée, et discipliné à la fluidité de la vague. Il me semblait pourtant qu'écrire, m'obligeait à trancher le temps d'un geste moins souple, couchant chaque mot dans la phrase comme les victimes inertes d'une coupure brutale. Je les observais ensuite, ces cadavres, se partager la tâche d'un objectif commun, celui de s'inscrire ailleurs et dans d'autres vies. Je pensais aux enfants dans les écoles, qui collaient des feuilles mortes dans les dessins, les plaquaient aux murs pour décorations, et les oubliaient dès la sonnerie qui les rendaient eux, en signaux, au monde du dehors.

Les forces qui siégeaient un espace, n'auraient jamais raison de celles qui couraient dans le temps.





Cette chose avait peur depuis qu'un enfant la tenait par la main. Elle allait devoir regagner la ville. Elle qui s'était depuis l'aube des temps réfugiée dans les marais, loin de l'essoufflement agité des hommes. Chargée d'indéfinissables matières organiques et les vêtements en loques, elle avait acquis cette puissance qu'on ne lui pardonnerait pas. Combien de temps lui faudrait il pour se fondre dans la masse, pénétrer dans l'enflure mouvante et ne point s'y faire remarquer. Il était fort probable qu'on lui refuse l'entrée, et l'enfant à ses côté réclamait. Lui, qui ne savait pas.




(Pascal Pinon)




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Nos résistances sur-jouées s'étalent sur les murs, avec la fragilité du plâtre. J'attends qu'un animal longe les plaintes, ronge les câbles, et que la couche s'effrite, pour en observer de petits morceaux à même le sol. Les genoux pliés et les yeux scrutant à terre, je note la stupeur froide du carrelage et son assurance que rien ne changera jamais plus. Moi je maintiens effrontément, que de nous trois, le sol, le corps et l'enduit de peur, le temps sait sa première victime. Un messager sauvage viendra griffer ce qu'on obstrue, d'un coup de patte aussi rapide qu'il en est depuis longtemps attendu.



(Salle de bain)
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Il y a quelque chose qui ne va pas. Toutes les paroles prononcées par autrui, je les entends comme la parole d'une seule et même personne, cette chose : Une mygale aux milliers d'amygdales, et le moindre mot que je prononce fait vibrer sa toile et me signale comme le prisonnier de cette incessante litanie.



(Florence)

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Je ne sais quoi aimer, si ce n'est ce langage, dont je puise ma source. J'en remplis tout mon être sans vergogne, qu'il en occupe tout son vide. Vases communicants de trous en trous, de soifs en soifs, liquide universel à conserver jusqu'au dernier mot, fond de ma raison close, sous un mur de la cité, au dessus duquel d'autres enfants joueront à chat perché. Je sais aussi le haïr parce qu'il est ce Graal sur fond de rêve insaisissable, comme la toute dernière arche offerte aux affranchis. Je cours sur des phrases qui nous enlisent, là ou les chiens n'ont plus de paumes à lécher, n'ont plus de balles à rapporter, là ou la peau n'a plus d'odeur que celle qu'on voudra bien lui faire croire. On se perd toujours aux mêmes endroits, en vers.



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On essaiera d'écrire pour se découvrir, jusqu'au jour, ou, l'on pourra distinguer, derrière le masque miroir, dans son dos, les bouches ricaneuses, et les regards éclatants qui n'auront de beauté, que le passé qui les masquait.

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Investi d'un sidérant pouvoir orange acide
Je t'aime d'argent si ton silence est d'or
Je t'offre mon ombre aimant et lucide
Que dans la nuit des temps elle te dévore

Puisqu'aujourd'hui le mur en est venu à se fendre
Protège moi de toi, toi seul peux me défendre
Je n'ai rien d'autre à dire qu'à maudire ce choix
S'il faut que je te tue c'est que je te porte en moi

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Fontaine je ne boirai pas de ton eau,
dit le poisson déshydraté,
et voici qu'il se noie

L'église est l'age de pierre
D'une fonction nécessaire
Aujourd'hui dans les réseaux
Résonne le nom de ton fardeau

Toute légende rend à la vie
Toute légende rend au corps
Au cœur dans la suie
Et l'indien aux yeux d'or
Dragons de feu
Dragons d'eau
S'en retourneront au fléau
Qui les coupa en deux

Daemon (and Garfunkel)

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Hier mon fils me demandait comment fallait il faire si on était coincé sous la boue. Je lui ai dit tu remontes et tu sors. Il m'a dit oui mais si elle s'est durcie ? J'ai dis tu la casse et tu sors. Il m'a dit oui mais si tu peux pas la casser ? Je lui ai dis ben je ne sais pas à ton avis ? Ben peut être qu'on reste en dessous il a dit. Il parle trop ce gamin.

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Étoiles du matin


Je me relève au galop de mes envies
Chevauche sur tes seins sans raison
Car il n'y a pas de plus belle saison
Que d'être encore un cheval garçon

Un coq vient à chanter parce que je lui dois bien
On se cultive pour qu'entre nous pousse un jardin
Regardes les choses, et dis d'elles cela m'est égal
Apprends la soif et la faim sont un destin frugal

Tu ne sais pas lire, s'il te plaît n'apprends pas, écoute !
Gravir toutes les montagnes, si tu savais ce que ça coûte
Descends au fond des mers au plus profond de toi sans doute
Enfin renonce et regarde ta maison sous la voûte

Céleste



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Sans titre

Maman met des chats partout pour se protéger des chiens qui l'aiment,
Je trottine en cavalier du mensonge pour qu'ils sautent sur les filles
Je frappe avec ma corne et les chevaux sans tête tombent sous la faucille
Je singe l'enfant en mon coeur et tue le dévot qui saigne d'éclats noirs
Je cherche la source dans la pierre et met ma vie au bord du Gange
Hurles Maman maman la mort maman la mort mange moi ce soir

Ainsi au creux des mains moites le vent souffle seul, au pas, sans espoir
Maman met des corbeaux partout qui se dévorent, les pigeons la dérange

Oh oui fait moi pousser des ailes et brise les

Maman plume un oiseau jaune et le souille d'astres qui dégringolent
Et c'est pourquoi tout monte, tout monte et tout fusionne au néant
Dehors il pleure en ligne droite mon frère, et au delà, c'est sans toît
C'est l'ignorance à la belle étoile ma soeur, au sens que tu mets dedans

Oh oui fait moi pousser des ailes et brise les

Le silence te déchire Maman, ta bouche est ma plaie sur ta paume coupée
Met ton doigt sur mes jambes nues, elles dansent folles en aurores boréales
Le mal grandit et le ciel tombe quand la mer monte et que tu vas déborder
Étouffe moi par la gorge et les cordes disparaissent sur ce désert qui s'étale

Oh oui je me souviens des ailes promises à pousser sur la branche

Que tout ce qui soit pris soit donné et Maman sur son île vole d'azurs clairs
Son sourire d'ombres traverse les ponts et mes mains s'accrochent aux vides
Mon corps penche au dessus des lagons et regarde mes cendres neige aride
Vois comme je pleure par ce que j'ai gagné d'avoir perdu, mon rêve d'éclairs

Oh oui j'oublierai mes ailes pour toi, brise moi




LACMA


être, c'est avoir lieu

jamais, je n'ai eu lieu d'être
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Lance une question dans l'univers de tous les possibles.
La réponse est déjà la.
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Les plaintes n'ont de réponse
que la plainte.
Elles sont d'elles...MêMe.
Et tu réclame ton dû,
comme si tu ne devais qu'à toi.
Tourne sur toi même,
jusqu'à ton prochain.
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Une pièce tragique
de vie lancée.
A qui la monnaie ?
Pile ou face ?
Difficile d'obtenir,
la tranche de vérité
Suspends son vol
Et c'est l'envol.
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, les trains font le bruit d'une routine, de plus en plus monotone, les trains font le bruit d'une routine, de plus en plus monotone, les trains font le bruit d'une routine, de plus en plus monotone
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Le cœur sous les paupières, ne voit que dans un battement de cils.

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(Pong)


Le dialogue comme terrain de 'Je' commun, met l'égalité et la fraternité à l'épreuve.

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(LACMA, Los Angeles)

.1.0.1.
On peut être à un endroit sans y être, simplement par la force de ce qui nous entoure.

.1.0.2.
Une solitude vécue en commun et ordonnée à une responsabilité inconnue.

(Rome, Panthéon)


J'ai levé les yeux et j'ai cru.




(Paris, beaubourg)

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Devant moi se tenait l'idée d'un être humain, derrière elle une ombre, et cette ombre enjambait une fenêtre ouverte sur l'autre réalité.

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Je suis le reflet inattendu de ton visage, qui te surprend au moment même ou tu relèves la tête, dans la salle de bain face au miroir. Je suis inscris dans ce moment bref et brutal, où tu ne comprends pas ta propre forme.


C’est ce monde ou rien… Je me lève et… C’est ce monde ou rien.
C’est cette étrangeté, cette dispersion, une plume, une pile, un cheveu sur l’émail, un doigt de pied, un claquement de langue, un caniche, le ciel inaccessible, une dent, la sonnerie du réveil, un frisson. C’est ce monde ou rien, cette perception improbable, cette confusion des sens et de toutes les sciences de l’esprit qui balbutient, cette équation mathématique qui dégage une odeur, cette marmelade de réel qui bougeotte comme du flan derrière mes yeux dans la boite crânienne. C’est ce monde qui se refuse, qui n’accroche pas, des mots qui ne sont pas dans l'axe, une extase qui s’écrase dès mon arrivée. Je bois mon café, le sucre fond, quelque chose s'est dissous dans l’inattention. Je suis vivant, bêtement vivant, rien n’est attendu. Je ne sais pas quoi faire.


J’aurais voulu
Que la mer soit plus sage
J’aurais voulu
Rattraper les violons en naufrage

Noyer
La symphonie des moments perdus
Réanimer
Mes sentiments étendus

Et me souvenir encore
Du temps des coccinelles

Ecrire
Une petite chanson
Y venir
Sans présage
La séduire
Sans image

Et me souvenir.
Du temps des coccinelles

M’accommoder
Des impatiences
Raccommoder
Mes insolences

J’aurais voulu
Le temps des coccinelles



Nous sommes venus par le sentier des journées froides et nous n’avons croisé personne. Une force aveugle nous aura conduit. En chemin nous avons vu les trains filer vers le pire, nous ne leur avons fait aucun signe. Nous nous sommes tût, car nous sommes en silences réduits, aussi entêtés que vous l'êtes en bruits tumultueux.